Sécheresse des rivières : faut-il seulement enlever les obstacles ou faut-il aussi restaurer leur capacité naturelle à résister au manque d'eau ?
- retro-camping.be
- 16 juil.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Comment permettre à une rivière de rester fonctionnelle lorsqu'elle manque d'eau ?
Réflexion ouverte autour de la diversification naturelle des écoulements
Depuis plusieurs années, nos rivières sont confrontées à des périodes de sécheresse plus longues et plus fréquentes.
Les conséquences sont connues :
baisse importante des niveaux d'eau ;
augmentation de la température ;
diminution de l'oxygène dissous ;
réduction des habitats disponibles ;
concentration de la faune aquatique dans quelques zones encore favorables.
Dans ce contexte, une question revient régulièrement :
Comment préserver la vie des rivières lorsque l'eau devient rare ?
Les autorités demandent logiquement la suppression des petits barrages artisanaux réalisés avec des pierres dans les cours d'eau afin de préserver la continuité écologique.

Cette démarche répond à un objectif essentiel :
permettre la circulation des poissons ;
éviter les obstacles artificiels ;
préserver un fonctionnement naturel du cours d'eau.
Mais une autre question mérite également d'être posée :
Une rivière qui retrouve un écoulement plus rapide retrouve-t-elle nécessairement une meilleure capacité à résister aux sécheresses ?
Rendre son lit naturel à la rivière. Préserver les zones humides, qui servent d’éponge et protègent les villages des inondations. Arrêter de maltraiter les cours d’eau en modifiant leur tracé et en construisant à proximité.
Pour découvrir cette enquête passionnante, rendez-vous ce lundi 13 octobre à 21 heures sur France 5 dans #SurLeFront !
Ou devons-nous également reflechir sur la capacité naturelle d'une rivière à diversifier ses écoulements, créer des refuges et ralentir certains phénomènes d'assèchement ?
Une autre approche : non pas retenir l'eau, mais restaurer la dynamique naturelle
L'idée d'une approche différente :
restaurer une rivière plus complexe, plus diversifiée et plus proche de son fonctionnement naturel.

Dans une rivière sauvage, le courant n'est jamais uniforme.
La rivière crée naturellement :
des zones rapides et oxygénées (radiers) ;
des zones profondes plus lentes (mouilles) ;
des secteurs de remous ;
des variations de trajectoire.
Cette diversité est essentielle car elle offre plusieurs habitats adaptés aux différentes espèces.
Selon les chercheurs de petits bras de renvoi, réalisés avec les pierres déjà présentes dans le lit de la rivière. Non pas des barrages qui traversent toute la largeur, mais de modestes aménagements latéraux, semblables à ceux que la nature crée elle-même avec les blocs, les racines ou les arbres tombés pourraient simplement guider le courant, pas pour retenir l'eau.
ni pour créer un obstacle, mais bien pour recréer des sinuosités, ralentir localement les vitesses d'écoulement, favoriser la formation de mouilles plus profondes, améliorer l'oxygénation de l'eau et offrir des refuges à la biodiversité pendant les périodes d'étiage.
Que disent les études existantes ?
Plusieurs projets de restauration écologique ont étudié des solutions allant dans cette direction.
Tableau comparatif des principales approches étudiées
Étude / projet | Problème identifié | Solution étudiée | Pourquoi cette solution ? | Enseignement principal |
LIFE WALPHY – Wallonie | Nombreux cours d'eau artificialisés, rectifiés, pauvres en habitats | Restauration hydromorphologique : diversification du lit, restauration des habitats, suppression ou adaptation d'obstacles | Retrouver un fonctionnement plus naturel de la rivière plutôt qu'un simple canal d'écoulement | Une rivière plus diversifiée offre davantage d'habitats et une meilleure résilience écologique |
Déflecteurs de courant ("flow deflectors") | Lit trop uniforme avec peu de variations de vitesse | Mise en place d'éléments naturels orientant légèrement le courant | Recréer artificiellement ce que font naturellement les blocs, racines ou obstacles naturels | Création de zones rapides, lentes et de petites fosses par action naturelle du courant |
Reméandration des cours d'eau | Rivières rectifiées qui évacuent rapidement l'eau | Réintroduction de sinuosités | Ralentir naturellement les écoulements et augmenter les échanges avec les berges | Une rivière sinueuse possède davantage de diversité hydraulique |
Reconnexion des plaines alluviales | Eau évacuée trop rapidement hors du système naturel | Permettre à la rivière de retrouver des espaces d'expansion | Donner au cours d'eau plus d'espace lors des crues et favoriser les échanges eau-sol | Une rivière qui dispose d'espace est plus résistante aux extrêmes |
Diversification des substrats | Fond du lit uniforme, peu favorable à la biodiversité | Ajout ou maintien de graviers, blocs, bois morts | Recréer des micro-habitats | La diversité physique améliore la diversité biologique |
Documents et références
-Projet LIFE WALPHY – Restauration hydromorphologique des cours d'eau en WallonieGuide technique de référence :https://orbi.uliege.be/handle/2268/182085

-Étude sur les déflecteurs et la création de dynamiques de méandreshttps://www.researchgate.net/publication/258648173_Meander_hydrodynamics_initiated_by_river_restoration_deflectors

-Études sur les déflecteurs de courant et restauration des petits cours d'eauhttps://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/rec.70137
-État de l'environnement wallon – Hydromorphologie des cours d'eau https://etat.environnement.wallonie.be
Zoom sur les déflecteurs de courant : l'approche la plus proche de la réflexion proposée
Les déflecteurs de courant sont probablement l'exemple qui correspond le mieux à cette réflexion.
Le principe est simple :
Au lieu de placer une structure perpendiculaire qui bloque la rivière, on place un élément qui "oriente légèrement le courant".

Le courant fait ensuite le travail naturel.
Il peut provoquer :
une accélération locale ;
un creusement en aval ;
la formation d'une zone plus profonde ;
une zone calme derrière l'obstacle ;
une augmentation de la diversité des habitats.

L'objectif n'est donc pas de créer une retenue d'eau, mais de créer une rivière plus vivante.
Cette réflexion pourrait peut être s'averée intéressante pour la semois ?
POUR INFO/ la page du blog sur la secheresse de 2022: https://www.lesroulottes.be/post/la-secheresse








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